De la rumba au gospel, une carrière marquée par le sacré

Né en 1961 dans la province du Kongo-Central, Carlyto Lassa a grandi à Kinshasa avant de se révéler comme l'une des voix les plus envoûtantes de la rumba congolaise. Son timbre vocal, à la fois séduisant et mélancolique, a charmé tout le pays dès les années 80.

Sa carrière professionnelle débute au sein du TP OK Jazz, où il est repéré par les guitaristes Lutumba Simaro et Papa Noël Nedulé, séduits par sa voix de miel. C'est grâce à la chanson "Maya", écrite par Simaro, qu'il s'est véritablement fait connaître du grand public. Il a également interprété "Le bon samaritain" de Papa Noël.

En 1986, il rejoint le groupe Choc Stars, où sa voix apporte une nouvelle couleur à l'orchestre. Il y côtoie des monstres sacrés comme Debaba, Defao Matumona et Djuna Djanana, et participe à des titres devenus des classiques comme "Riana", "Jardin de mon cœur" ou "Zikondo".

Une conversion radicale et inspirante

Au début des années 2000, Carlyto Lassa opère un tournant radical dans sa vie. Il quitte la musique profane pour se consacrer au ministère pastoral et à la chanson chrétienne. Il devient pasteur et chantre gospel, mettant son immense talent au service exclusif de l'Évangile.

"Ma voix chante la gloire de Dieu" , confiait-il lors d'un entretien sur Radio Okapi.
Il enregistre alors des albums de louange comme "La Reconnaissance" (2001) et "Confiance (Kili Kili Azongi)" (2004), qui touchent profondément les cœurs. Son dernier titre profane avant sa conversion fut "Makolo ya Masiya", une œuvre empreinte de spiritualité, à la frontière entre les deux mondes.

Un héritage immortel

Carlyto Lassa laisse derrière lui une œuvre musicale riche, marquée par des titres devenus des classiques de la rumba congolaise, comme "Makolo ya Masiya", "Maya", "Kiti Kwala", "Don Padrino" ou "Tala Mwana na Mpate". Sa voix, à la fois puissante et mélancolique, reste à jamais gravée dans les mémoires.

Son parcours est celui d'un artiste complet, qui a su toucher les âmes par la musique, aussi bien profane que sacrée, et qui a terminé sa vie en paix, entouré de sa foi.