Cette décision marque un virage à 180 degrés par rapport à la réforme annoncée en décembre 2025 à Rabat. À l’époque, la CAF avait créé la surprise en annonçant son intention d’organiser la CAN tous les quatre ans à partir de l’édition 2028, dans le but d’alléger le calendrier international et de laisser plus de place aux compétitions de clubs.
Mais le contexte économique et sportif en a décidé autrement. Après plusieurs mois d’incertitude et de tractations, l’instance dirigeante du football africain a finalement fait machine arrière, actant le retour du format biennal qui a fait la renommée de la CAN depuis des décennies.
Les raisons financières au cœur du débat
Ce retour au format de deux ans s’explique avant tout par des considérations financières. La CAF fondait beaucoup d’espoirs sur la nouvelle Ligue des nations africaine, initialement envisagée pour prendre le relais de la CAN dans le calendrier et générer de nouvelles sources de revenus.
Cependant, les projections ont été visiblement plus pessimistes que prévu. À court terme, cette nouvelle compétition ne garantirait pas des ressources suffisantes pour soutenir le développement du football africain, ni pour maintenir les niveaux d'investissement nécessaires dans les infrastructures et la formation. La CAN, véritable manne financière (droits TV, sponsoring, billetterie), reste donc irremplaçable pour les finances de la CAF.
Patrice Motsepe défend les intérêts du continent
Pour le président de la CAF, Patrice Motsepe, ce changement vise avant tout à préserver les intérêts du football africain et ceux de ses 54 associations membres.
En revenant à une compétition tous les deux ans, la CAF s'assure que chaque pays, même les moins dotés, puisse bénéficier de retombées économiques régulières et d'une exposition médiatique constante. Cela permet également de maintenir un dynamisme sportif élevé sur le continent, avec des compétitions qui rythment le quotidien des fans et des fédérations.
Le nouveau calendrier dévoilé
Sur le plan pratique, ce retour au format biennal redessine le calendrier des prochaines années. La prochaine édition reste programmée en 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda.
Mais la grande nouveauté est l'enchaînement rapide des compétitions, puisque la CAF a confirmé une nouvelle édition dès 2028. Par la suite, les rendez-vous sont fixés pour 2031 et 2033.
La CAF a toutefois tenu à rassurer : elle entend prendre en compte les contraintes du calendrier international, notamment celles liées à la Coupe du monde 2030, afin d'éviter une surcharge des joueurs et un conflit avec les compétitions de la FIFA.
Quelles conséquences pour le football africain ?
Ce retour au format de deux ans est une excellente nouvelle pour les amateurs de football et pour l'économie du sport en Afrique. Il garantit un flux continu de revenus pour les fédérations et permet aux joueurs de disputer plus régulièrement des matchs de haut niveau avec leurs sélections nationales.
Toutefois, cette décision pose aussi la question de la gestion du calendrier. Les clubs européens, souvent réticents à libérer leurs joueurs, devront composer avec des CAN plus fréquentes. Les organismes de régulation du football mondial devront s'assurer que cette fréquence ne met pas en danger la santé des joueurs.
Après plusieurs mois d'incertitude autour de son format, la CAN conserve ainsi son rythme historique : une édition tous les deux ans. Une bouffée d'oxygène pour le football africain, qui pourra continuer à vibrer au rythme de sa compétition la plus prestigieuse.